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BloomBox n°7: Le paradoxe du choix - la tentation du candidat de plus

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Chaque mois, Anaïs Le Digarcher et Jessica Djeziri croisent leurs regards sur un sujet qui secoue les RH.

Le recrutement, c'est un peu comme les sites de rencontre.

Plus on multiplie les profils, moins on sait ce que l'on cherche. Plus on risque de passer à côté de la bonne connexion (et de l’amour.)

Pourtant, dans beaucoup d'entreprises ou de cabinets, une croyance persiste…

Plus de CV = plus de chances de recruter.

Et si c'était justement l'inverse ?

Entre nous, je pense que le nombre de candidatures rassure les recruteurs. J’ai demandé à Jessica : et les employeurs ?

Jessica : “Très peu de clients sont à l’aise à l’idée de se positionner sur un coup de cœur. Ils aiment recevoir plusieurs profils avant de se décider. Mais si la quantité rassure, c’est en revanche la précision qui recrute !”

Alors on ajoute des CV. Encore un. Puis un autre.

Sauf que cette méthode, profondément ancrée dans notre culture, produit souvent des effets que l’on redoute :

⏳ Des processus qui s'allongent,

🎯 Des critères qui évoluent en cours de route,

⚖️ Des candidats comparés entre eux, plutôt qu'au besoin initial.

Quand le paradoxe du choix s’invite sur Tinder (et dans le recrutement)

En lisant "Modern Romance", un livre sur les relations amoureuses à l'ère numérique, Jessica a eu une révélation. L’auteur, Aziz Ansari, y évoque ce que les psychologues appellent le ‘paradoxe du choix’.

Un biais cognitif, popularisé par le psychologue Barry Schwartz dans son ouvrage “The Paradox of Choice”. Dans les grandes lignes, la science dit que trop d’options :

👉 Augmente l'anxiété,

👉 Ralentit la prise de décision,

👉 Accroît la peur de se tromper.

Pire, attendre constamment la perfection nous rendrait moins heureux.

Et ça se traduit notamment sur les applications de rencontre. Face à une infinité de célibataires, on finit par ne choisir personne. Ou par penser qu'il y a mieux ailleurs. Sans compter la “dating fatigue”.

On retrouve cette mécanique sur Netflix par exemple. Vous savez, ce moment où l’on ouvre la plateforme, on regarde des bandes-annonces, on scrolle des heures, pour au final se rabattre sur encore et toujours la même série (The Office pour moi évidemment). Avec une sensation d’insatisfaction en prime.

Comme le dit Jessica : “Ce sont des logiques d'algorithme, de volume, et le recrutement n'y échappe pas.”

Elle m'a d’ailleurs confié une histoire personnelle marquante. Attention, ça va à nouveau parler d’amour, et on adore !

Un jour, un ami lui dit : “Toi, tu n’es pas une bonne recruteuse, car tu n'es pas très douée pour choisir tes amoureux. Tu devrais faire une liste de ce qui compte vraiment pour toi.” Jessica le prend au mot et formalise ses critères en créant une scorecard amoureuse. Quelques semaines plus tard, elle rencontre celui qui deviendra son mari. Véridique !

La preuve que le recrutement structuré ne sert pas qu'au travail. Et que ce paradoxe du choix est bel et bien partout.

Comment recruter sans tomber dans le piège de l'abondance ?

On pourrait imaginer qu’une approche sélective ne s'applique pas à tous les contextes. C’est vrai que les campagnes massives requièrent généralement du volume.

À travers son expérience auprès de profils Tech, RH, Fonctions Support, Finance, Marketing et Digital, en freelance ou en CDI, Bloomays montre cependant qu'un recrutement réussi dépend rarement de la quantité seule.

Jessica : “On a déjà accompagné des clients recevant plus de 300 candidatures pour un poste, sans pour autant recruter. Au fond, le problème pour certains n'est pas le manque de CV, mais leur difficulté à savoir exactement ce qu'ils recherchent. Cas typique : un intitulé trop générique, comme Responsable RH généraliste alors que l’entreprise ciblait un profil HRBP.”

OK. Jessica vous embarque (et moi avec !)

#️⃣ Commencez par questionner, pas par sourcer

Une règle : Ne pas se contenter de prendre une commande. Avant tout sourcing, l'équipe @ Bloomays challenge le besoin, affine les critères et clarifie les attentes.

Jessica : “Notre job n'est pas de connaître tous les métiers, mais de comprendre ce que le client cherche réellement. On agit un peu tels des coachs. C’est-à-dire que l’on questionne, on reformule, on ne déduit pas.”

En gros, mieux vaut investir du temps sur le brief que d’empiler les CV.

#️⃣ Jouez un vrai rôle de sparring partner 

Appels hebdomadaires, avec retours candidat et benchmarks salariaux… Chaque lancement de recrutement est rythmé par des échanges réguliers avec le client. Un rituel essentiel pour maintenir son engagement et pour le confronter à la réalité du marché.

Jessica : “Et parce qu'envoyer toujours plus de CV ne corrigera jamais un brief irréaliste, l’idée est aussi de recalibrer rapidement le besoin si nécessaire.”

#️⃣ Validez la scorecard avant l’entretien

Le recrutement au feeling accentue le réflexe d’abondance. La grille d’évaluation, elle, permet d'objectiver les décisions et d'éviter le fameux : “J'aimerais quand même voir d'autres candidats.”

La scorecard ramène du factuel. Encore faut-il l’avoir bien verrouillé avec les parties prenantes.

Jessica : “Entre ce qu'un manager pense, ce qu'il exprime, ce que le recruteur comprend et ce que les intervieweurs interprètent, de l'information se perd. L’objectif, c’est d’aligner tout ce petit monde autour de critères d'évaluation communs et des questions pertinentes à poser.”

Et les résultats sont significatifs :

➡️ Premier profil freelance présenté sous 48 heures,

➡️ Premier profil CDI présenté en moyenne sous 2 semaines,
➡️ Et surtout, 87 % des clients Bloomays recrutent parmi les 2 premiers candidats présentés.

La quantité rassure, la qualité recrute

Pendant ma discussion avec Jessica, j’ai pensé à Philippe Etchebest (oui dit comme ça, c’est bizarre…) 

Vous avez sûrement remarqué sa réaction dans l’émission “Cauchemar en cuisine” dès qu'il découvre une carte de restaurant interminable : “Quand il y a trop de choix de plats, la qualité est rarement au rendez-vous.”

Voilà qui nous amène à vous questionner. Selon vous, un bon recruteur est celui qui :

-Mise sur la qualité ?

-Transmet le plus de CV ?

-Aide son partenaire à définir ce qu'il cherche vraiment ?

Et oui, nous nous sommes limitées à 3 options de réponse. 😉

Continuons la conversation sur Linkedin!

Une mission
de recrutement
à nous confier ?